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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 10:55

http://www.mikiliweb.com/livre-franklin-linsoumis-quand-la-musique-inspire-la-litterature

Livre : Franklin, l’insoumis/ Quand la musique inspire la littérature

Le 24 février prochain, cela fera 44 ans depuis que le grand Franklin Boukaka a rejoint les limbes dans les conditions que l’on sait. Comme pour rendre hommage à cet immortel, le jeune producteur de musique et auteur, Marien Fauney Ngombé, a eu la sublime idée d’initier un recueil de nouvelles autour de l’œuvre de Franklin Boukaka. Opération réussie ! S’inspirer de la musique pour un texte littéraire participe de la correspondance des arts, tel Maupassant dans Boule de suif, cet « impressionnisme de texte », usant à merveille de la technique du Clair/Obsur.

La musique de Franklin Boukaka interroge incessamment notre inconscient, à nous hommes et femmes de 2016, très souvent franchissant l’iconostase de la légèreté. Une musique qui constitue, pour ainsi dire, un imparfait du subjonctif, plongeant ses racines dans l’intemporalité de l’imaginaire. Oui, la musique de Franklin Boukaka reste debout, à l’image des Pyramides défiant le temps ; une musique qui est loin d’être au ras des pâquerettes; une musique qui relève plus de la « culture » que « du culturel »; une musique aux antipodes d’un mouvement profane, éphémère, trompeur et décevant. Jamais, au grand jamais, cette musique-là ne vivra «un automne de la culture» de Nietzsche. Alors « Franklin, l’insoumis », paru aux éditions Doxa, préfacé par l’inoxydable et sémillant Clément Ossinondé, ne fait que confirmer l’intemporalité de la voix de Franlin Boukaka, une voix qui nous parvient encore tels les roulements d’un tam-tam nocturne.

Certes toutes les nouvelles qui composent ce recueil ne présentent pas la même densité, le même dynamisme! Les unes laissent un goût d’inachevé; les autres paraissent abouties. Ici la construction est à la limite; là le point de vue littéraire est sinon inexistant, du moins confus…

Toutefois, comment ne pas s’attarder sur la nouvelle Le Bûcheron? Non, l’auteur ne privilégie pas le style mais plutôt les procédés stylistiques. Oui, comme dans la chanson de Franklin Boukaka, les indépendances y sont un locus terribilis au lieu d’être un locus ameonus… Oui, l’auteur privilégie la dimension symbolique plutôt que la matière elle-même. Et pour cause : dans une société où tout est symbole, que peuvent bien représenter le bois et le métier de bûcheron? Le bûcheron, du moins dans la chanson ainsi que dans cette nouvelle, symbolise l’aliénation humaine avant les indépendances et le désespoir après les indépendances. « A Boya les arbres poussaient comme la poisse sous la colonisation. Il suffisait d’une pluie pour que la terre nous nargue de sa richesse éloquente.(…) Mais la décolonisation n’était pas la panacée. La désorganisation du marché et autre clientélisme étaient les germes de la désillusion imminente.» En lisant entre les lignes, on établit un parallèle avec les mésaventures de Fama Doumbouya, le narrateur du Soleil des indépendances de Kourouma. Le commerce de ce dioula, en effet, est anéanti par les indépendances du fait de l'apparition de nouvelles frontières, lesquelles génèrent une balkanisation épouvantable.

Comment ne pas s’attarder sur la nouvelle titrée Bibi? Oui, un chant d’exclamations! L'auteur, dans cette nouvelle, nous sert une analepse et un suspens haletant. Vous souvenez-vous de cette espionne des années 1900 nommée Mata Hari? On sait que la vie des agents des services secrets féminins est un véritable roman où la réalité dépasse la fiction. Et l’auteur de la nouvelle titrée Bibi de nous le rappeler. En vrac, Bibi ressemble à s’y méprendre à la baronne Boudberg, à Elisabeth Zaroubine, à Olga Tchekhova, à Nina, à Eva Braun, etc. En somme, Bibi est bâtie comme une James Bond girl. Belle inspiration.

Comment ne pas s’attarder sur la nouvelle Likambo oyo-Neti na film? Un déluge de subordonnées émaillées de mots congolais! L’histoire se passe en quelques heures, dans le bureau d’un ministre. En écoutant la célèbre chanson de Franklin Boukaka, il se rappelle sa vie bruxelloise et, surtout, les jours ayant précédé son mariage. Sa femme a changé; comme dans la chanson de Franklin Boukaka, elle s’est éclairci la peau. Sachant que l’auteure de cette nouvelle est d’origine sénégalaise, il est juste de convoquer ici le grand poète Léopold Sédar Senghor : « Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au cœur de l'Eté et de
Midi » Oui, la femme noire n’est belle que dénudée, c’est-à-dire dépourvue de falbalas superfétatoires. Nul doute que Franklin Boukaka aurait étrillé, aujourd’hui, les tissages et perruques absurdes dont s’entichent les femmes noires de 2016.

Comment ne pas s’attarder sur la nouvelle La rumeur, inspirée de la chanson Ata Ozali? D’un style immensément lyrique, une procession d’anaphores et de pléonasmes, l’histoire nous entraîne dans l’Histoire. Oui, le jour où tout a basculé ; le jour où nous, Africains en général et Congolais en particulier, avons cessé d’être... Or aucune civilisation n'a le monopole de la culture. «Un peuple avait le feu, l’autre l’art de la pêche, d’autre encore la manière de chasser le gibier ou de lire les présages. Chaque peuple avait un érudit. Le brassage culturel initié dans le sang tend à prendre chez l’autre ce qu’il manque chez soi par la force.» Ce que nous explique cette nouvelle et, plus encore la chanson Ata Ozali, écrite par… Henri Lopès, c’est de rester soi et de respecter l’autre dans sa différence. Il ne faut pas vivre le monde en technicien mais en poète… La question que soulève Franklin Boukaka et, dans une moindre mesure, l’auteure de cette nouvelle est celle de savoir s’il existe une universalité sans affirmation de singularité, de soi. Voulons-nous être cet étudiant moqué par Rabelais qui, prétendant parler toutes les langues du monde, n’en parlait en fait aucune, faute d’avoir commencé par apprendre sa propre langue. Affirmer sa propre singularité, c’est s’aimer, sans tomber dans la perversion de l’amour-propre.

Bedel Baouna

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 10:53

http://www.mikiliweb.com/opinion-sassou-mokoko-la-tectonique-des-plaques

Opinion : Sassou-Mokoko, la tectonique des plaques

Un comité d’accueil pour le moins belliqueux, sauvage, a ponctué le retour au pays de celui qui s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle du 20 mars prochain, le Général Jean-Marie Michel Mokoko

Les Duellistes, un film de Ridley Scott. Quiconque a vu ce film fera certainement un parallèle entre les protagonistes du film et deux Généraux du Congo, Sassou et Mokoko. L’un cherche en permanence l'affrontement, tandis que l’autre le fuit sans cesse. Mais pour combien de temps encore? Comme dans le film, l'affrontement final aura bel et bien lieu. Retour en arrière : dans les années 80, le Général Sassou aurait tenté de faire supprimer le Général Mokoko, en qui il voyait un rival dangereux. En vain. De tout temps, Sassou a toujours cherché noise à Mokoko mais, ce dernier, mesuré, a toujours battu en retraite, sans doute par tactique. Alors, l’heure de l’affrontement final est arrivée. Cette fois, Mokoko est prêt à en découdre avec celui qu’il ne porte pas dans son cœur. D’ores et déjà, le rapport de force a changé de camp : jamais déclaration de candidature n’a emporté autant d’enthousiasme et d’adhésion. Si Sassou dispose de la force militaire, de l’appareil d’Etat, Mokoko, lui, a la plus puissante des armes : l’opinion. Oui, Mokoko plaît du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est, et cela ne plaît pas à Sassou. Du coup, il ne reste plus à Sassou que l’option de violenter Mokoko et ce sera la faute fatale.

Entre les deux hommes, ça a toujours été une question de rapports de force, lequel a toujours balancé en faveur de Sassou, car président de la République, régnant par la force, la terreur. Mais atteindre Mokoko n’a toujours pas été une sinécure pour Sassou, tant Mokoko dispose d’un réseau puissant à travers le monde et protégé. « Quelle sottise que d’envoyer des sbires à Maya-Maya accueillir Mokoko, sachant qu’il a des soutiens dans plusieurs capitales du monde », peste un officier de l’armée, sous couvert d’anonymat. Et de poursuivre : « Cet acte fait passer Mokoko pour une victime du régime et cela le rend d’autant plus populaire qu’il va augmenter son capital sympathie. »

Les urnes seules suffiront-elles à arbitrer ce combat du siècle ? Pas si vite. Sassou reste un lion coriace et ce serait une faute de jugement que de le sous-estimer. D’autant qu’il chérit plus Mazarin que Machiavel : c’est la quatrième de couverture de Bréviaire des politiciens qui éclaire sur les deux hommes Italiens : « Pour ce qui est des préceptes de gouvernement, on peut faire confiance à l’homme qui, sachant gagner les bonnes grâces des puissants, a su éliminer ses ennemis, accéder à la première place et la conserver, pendant deux règnes, jusqu’à sa mort. On trouvera donc en ce Bréviaire - suite de maximes et de prescriptions qui jalonnent l’action de l’homme public - une " leçon pragmatique " qui peut, aujourd’hui encore, constituer le vade-mecum de tout homme de pouvoir. " Contrairement à Machiavel, Mazarin n’est pas un théoricien. Lui importe avant tout l’efficacité. Il ne s’encombre ni de morale, ni, il faut bien le dire, d’équité. Mazarin nous donne une splendide image de l’obtention du pouvoir grâce à la pure et simple manipulation du consensus. " Et, pour reprendre quelques préceptes de Mazarin, Denis Sassou Nguesso simule et dissimule ; Il fait d’autant moins confiance à personne qu’il s’entoure toujours de ceux qu’il manipule à l’envi. Mokoko a évité l’emprise de Sassou.

Néanmoins, dans la mesure où il apparaît comme l’espoir du renouveau, Mokoko devra être pointilleux dans sa stratégie de l’affrontement final. Sassou, même au crépuscule de sa vie politique (il a 78 ans et non 73 ans comme on le rabâche au quotidien), demeure nocif, toxique. Ses dents restent longues et incisives ; son venin est encore partout. Il est capable de simuler un coup d’Etat et accuser ainsi Mokoko, ce qui le sauverait une fois de plus. J3M ne devra pas répondre à la provocation de Sassou avant le jour de l’affrontement : il est favori ; sauf bêtise de sa part, il remportera l’élection présidentielle. Dans un sondage réalisé ce mercredi 10 février au Marché Total et à celui de Poto-Poto, neuf Congolais sur dix voteront pour Mokoko ; idem au Camp de la Milice où le soutien des militaires lui est total. A contrario, deux Congolais seulement sur dix voteront pour Sassou. Encore que ce choix n’est pas définitif. Sassou est loin d’avoir une base électorale solide.

Le charisme seul ne fait pas un chef d’Etat. Il faut, au préalable, une conjoncture favorable. Aujourd’hui, la conjoncture est favorable à Mokoko pour son combat du siècle, face à Sassou !

Bedel Baouna

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 14:40

Opinion : Sassou-Nguesso, l’imparfait du présent ou le futur imparfait

Après son coup de force constitutionnel, le président devenu illégitime du Congo, Denis Sassou Nguesso, a été investi candidat à la mascarade présidentielle du 20 mars prochain, par les ouailles du Parti congolais du travail.

Chacun s’y attendait : le suspense n’a jamais existé dans la tête des Congolais à ce sujet. La surprise eût été que Sassou ne fût pas candidat. Mais, au pays des églises de réveil, les ouailles ne peuvent contester ni contrarier le gourou, c’est la raison d’être des sectes, à l’instar du PCT (Parti congolais du travail). Le style même de l’annonce de cette investiture en dit long sur l’état d’esprit des ouailles du PCT. Pondre un simple communiqué pour un événement de cette importance relève d’une faute de communication inexcusable. Il eût fallu la présence du gourou lui-même au conclave de son parti : il ne pouvait se réfugier dans ses habits de président au-dessus des partis politique puisqu’il n’est plus légitime. Qu’à cela ne tienne !

Une énième candidature, pour quoi faire ? Quel sens donner à cette candidature ? Ces deux questions reviennent instinctivement sur toutes les lèvres. On en rigole. Qui, en 2016, peut encore croire aux mots de Sassou, aussi profonds soient-ils ? Certes on ne tire pas des leçons du passé, tant les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets ! Mais le passé peut nous servir de lanterne sur le présent et le futur. Et, au regard du passé de Sassou, il n’est qu’imparfait. Lequel imparfait se perpétue en 2016 et, sans aucun doute, le sera dans le futur. Non, cet homme qui a privilégié la géographie au détriment de l’histoire, plaçant les membres de son clan ou de son coin à la tête de tous les postes stratégiques ; cet homme qui a fait du Congo « un pays très différencié », torpillant du coup la « revanche de l’abstrait sur le concret » pour reprendre Julien Benda qui appelait à « faire triompher les idéaux abstraits et désintéressés : la vérité, la justice, la raison, la liberté intellectuelle et sociale » en opposition à « la tendance à l’action, la soif du résultat immédiat, l’unique souci du but, le mépris de l’argument, l’outrance, la haine, l’idée fixe » qui caractérise les politiques ; cet homme qui a fait justement de son pouvoir une abstraction et un concept ; cet homme qui a fait de l’eau et de l’électricité au Congo un luxe alors que pas moins de sept cours d’eau arrosent Brazzaville pour ne citer que le cas de la ville-capitale ; cet homme-là ne peut représenter le futur parfait. Il ne peut plus s’amender, ni réaliser en cinq ans ce qu’il n’a pas fait en quarante ans.

Il n’y a que Les Dépêches de Brazzaville, ce quotidien qui se pâme de tout et de rien, pour voir en Sassou l’homme du futur parfait. Sans Sassou, pas de paix, nous dit-on. Une escroquerie politique. Contre qui le Congo a-t-il été en guerre ? Ce qui s’est passé en 1997-1998 s’apparentait plus à un affrontement meurtrier, dans une partie de la capitale, entre milices mafieuses, qu’à une guerre civile au sens strict du terme. Sassou est le seul président au Congo qui n’a jamais été victime de coup d’Etat. La raison ? Il a toujours été sinon le cerveau de ces coups d’Etat, du moins l’une des parties prenantes. Les troubles, Sassou les adore, pour apparaître ensuite celui qui est à même de les éteindre. Un pompier-pyromane, donc.

Dans son éditorial de ce mercredi 27 janvier, le quotidien écrit : « … dans la liste des missions assignées au futur gouvernement figurera en bonne place, voire même en première position, la jeunesse avec ses ambitions et ses attentes, ses craintes et ses espoirs ». On tombe des nues. Ce n’est que maintenant que la jeunesse sera enfin la priorité ? Et le quotidien d’ajouter : « Nation jeune le Congo, grâce à ses nouvelles générations, a tous les ressorts nécessaires pour s’imposer en dépit de sa taille modeste comme l’un des pays les plus dynamiques du continent. Encore faut-il qu’il se décide enfin à donner à sa jeunesse la place qui lui revient naturellement dans la société. » Le dynamisme du Congo ne se reflète que dans la tête des journalistes des Dépêches de Brazzaville. Le dynamisme du Congo ne profite qu’à Sassou et à son entourage proche. Cet homme demeure le problème du Congo et ne peut incarner la solution.

Bedel Baouna

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 14:54

http://www.congopage.com/Opinion-Charles-Zacharie-Bowao-personnalite-de-l-annee-2015

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 16:11
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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 10:48

http://www.mikiliweb.com/livre-pour-maxime-ndebeka-moundele-ngollo-na-pas-triche

Livre : Pour Maxime Ndébéka, « Moundélé-Ngollo n’a pas triché »

Assistant à la dédicace du nouveau livre du Général Benoît Moundélé-Ngollo, Blague à part/Toute vérité est bonne à dire (Edition L’Harmattan), l’écrivain Maxime Ndébéka est revenu sur son contenu épistolaire

Comme chacun le sait, Benoît Moundélé-Ngollo entretient un lien particulier avec son œuvre. Il est pour les uns l’écrivain « du moi » ; pour les autres le poète de sa vie. Quoique cela revient au même. En lisant Blague à part/Toute vérité est bonne à dire, Maxime Ndébéka compare Moundélé-Ngollo à Baudelaire, lequel a retranscrit ses angoisses, ses peurs, etc. L'auteur de "Toi, le possible chimérique", entre autres. Il croit dur comme fer que le « poète écrit L’Evangile de sa vie ». Et d’ajouter que par ce livre Blague à part/Toute vérité est bonne à dire, « la cuirasse se fond ». L’homme dans cet ouvrage affiche ses fragilités, ses failles… Une marque de sincérité. Moundélé-Ngollo n’est donc pas un tricheur, car il retranscrit son ressenti. « Il a cette capacité extraordinaire à sonder son intérieur sans à tout prix le vouloir, à fouiller son inconscient et subconscient pour en ressortir une œuvre littéraire », commente Maxime Ndébéka. De fait, Moundélé-Ngollo confirme sa dimension d’écrivain engagé, dans la mesure où l’engagement commence par la compréhension de soi. L’engagement ici est un acte d’écrivain, pas un acte d’homme politique. Si l’engagement de l’homme politique nécessite un accomplissement total de soi, celui de l’écrivain exige un cheminement, une méthode rigoureuse intellectuelle Auto-analyse/Retranscription. Non, les lettres que dévoile Moundélé-Ngollo n’ont pas pour but de se mettre à nu, d’exposer son intérieur, et donc de convoquer le voyeurisme. Ses lettres consistent à embrasser une sorte de catharsis qui, parce que l'autre, c’est-à-dire le lecteur, s’en approprie, établit un jeu de miroir. L’auteur, ou plutôt l’écrivain, se reconnaît à travers les failles de l’autre et c’est ce qui maintient le lien écrivain-lecteur. « Le nouveau livre de Moundélé-Ngollo est une réussite sur ce point », conclut Maxime Ndébéka.

Bedel Baouna

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 15:19

http://www.mikiliweb.com/livre-huguette-nganga-massanga-fait-parler-lit-matelas-serrure

Livre : Huguette Nganga Massanga fait parler lit, matelas, serrure…

L’écrivain d’origine congolaise, Huguette Nganga Massanga, sera en dédicace à Paris, le vendredi 27 novembre, pour son nouveau livre "Moi aussi je parlerai dans un film" (Editions Langlois Cécile)

Dans cet océan de bricoles qu’est devenue la littérature congolaise, retentit de ses fonds abyssaux, en ce mois de novembre, une déflagration très silencieuse. "Moi aussi je parlerai dans un film" est une pièce de théâtre, bien que le mot n’y soit pas mentionné, comme par pudeur. Une pièce qui alterne, cahin caha, monologue et dialogue insipides. L’auteure, déjà connue pour plusieurs productions littéraires, membre de l’organisation du Festival international Kimoko, aborde dans cette pièce, sans vraiment descendre dans la grotte de l’inconscient et du subconscient du principal personnage, le rêve d’un orphelin de 19 ans, friand des DVD sur la Sape, d’y intervenir vaille que vaille.

La pièce, très concise, ne comporte pas d’Actes. Seulement des scènes, au nombre de sept. La scène 1 nous montre un garçon oisif, seul dans sa maison, en train de rêver. Puis on entend le chant d’un musicien, en lingala. La scène 2 nous apprend les circonstances de la mort de sa mère, de ce qu’elle a fait comme métier… La scène 3, elle, est relative à son entretien téléphonique avec un Parisien ; la scène 4 nous donne à entendre un dialogue de SOURDS entre des personnages d’une autre espèce : le lit, le matelas, la serrure, la valise, etc.

Franchement, quel intérêt tire-t-on en publiant un livre énervant, parfois à compte d’auteur ? Plaisir ou passion ? Recherche de légitimité intellectuelle ou effets de manche ? Dans les années 1920, André Gide nous mettait en garde contre les déréglementations littéraires. En 2015, cette mise en garde reste d’actualité. Sans règles, pas d’œuvre d’art. Le théâtre, entre autres règles, ce n’est pas tant le discours des personnages que les conditions d’énonciation de ce discours qui compte ; le théâtre ne tolère pas l’allure discursive, de la discontinuité des sentiments ; le théâtre, c’est l’unité de temps, d’action et de lieu. Or la pièce d’Huguette Nganga s’étale sur plusieurs années. Dans un premier temps, elle nous montre un jeune homme rêveur, puis dans un deuxième temps un homme chef d’entreprise qui a renoncé à son envie de se rendre en Europe. Il y a, page 40, un démenti catégorique de ce qu’il pensait autrefois : « Cette naïveté à vanter devant les médias les créations d’autrui, faire de la publicité gratuite m’est devenu insupportable car, moi aussi j’ai besoin de publicité maintenant. » Sacrilège ! Il eût fallu ici, et ce n’est pas un interdit, s’inspirer de La double inconstance de Marivaux – un chef d’oeuvre intemporel : d’abord présenter un jeune homme qui manifeste la fougue de parler dans un film sur la Sape, ensuite montrer un homme qui veut absolument réussir chez soi, tant les opportunités y sont nombreuses. En somme, un homme écartelé entre deux désirs. Rien de tel.

Certes le sujet est épuisé et il prête plus au roman qu’au théâtre ! Mais par l’éclair d’un jeu de miroir, l’auteure aurait du nous présenter un jeune homme qui, en regardant les DVD sur la Sape, se réapproprie son identité. La Sape ne répond-elle pas à une question à la fois existentielle et philosophique : Qui suis-je ? La Sape fait partie de l’ADN des Congolais et, loin d’être un snobisme débridé, elle est une « grâce d’exister », une « stupeur d’être ». C’est le commencement de la merveilleuse « guerre pour l’amitié que chacun se doit ».

La scène 7, qui s’apparente à la scène de dénouement, est pathétique : elle s’écarte du langage théâtral pour glisser dans le journalisme. Elle est construite à la manière d’une interview. Normal, l’auteure est journaliste de formation.

Le surréalisme et la fantaisie de cette pièce de théâtre ( ?) atteignent son comble dans le dialogue des personnages bizarres : lit, matelas, serrure… Et, hormis quelques didascalies actives et fonctionnelles, la pièce est dépourvue d’ameublement stylistique : pas de bouclage parfait ou à retardement, ni de stichomythie. Tout est à reconstruire et à repeindre dans cette pièce. Voilà !

Bedel Baouna

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 12:11

http://www.mikiliweb.com/opinion-meme-vulnerable-la-france-reste-un-grand-pays

Opinion : Même vulnérable, la France reste un grand pays

IL y a des commentaires qui donnent le tournis ; il y a des raccourcis qui donnent l’envie de crier à la folie… La tragédie qui a sidéré Paris dans la nuit de vendredi à samedi, avec plus de 128 morts, mérite plus une réflexion philosophique que de banals commentaires du café de commerce ou du métro.
La violence, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne, a-t-elle un sens ? Dans quelle mesure la violence est-elle une réponse à la violence ? La guerre contre Daesh est-elle une « guerre juste » ? Qu’est-ce « qu’une guerre juste » ? Toutes ces questions, entre autres, devraient nous interpeller et nous faire réfléchir, au lieu de nous embarquer sur une pirogue de platitude langagière.
Dans le RER B ce samedi, au lendemain des massacres qui ont eu lieu à Paris, trois Congolaises y voient la réponse de Dieu à François Hollande pour avoir soutenu le Chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, dans son référendum illégal du 25 octobre dernier. On a envie de vomir tripes et boyaux. C’est dire à quel point la passion dépouille la personne humaine de toute raison.
Non, il n’y a aucune commune mesure entre le terrorisme dont est victime la France et la dictature dont souffrent les Congolais chez eux. Le terrorisme sévit aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de son terreau ; la dictature asphyxie les populations sur un territoire donné. Ce qui s’est passé ce vendredi soir, à Paris, dans les 10 et 11 èmes arrondissements ainsi qu’au Stade de France, aurait bien pu se passer dans un café fréquenté par les Congolais. Qu’en auraient pensé les trois voyageuses ?
Le terrorisme, dans sa folie, ne distingue pas les races ni les statuts ; il tue tout le monde. Les premières victimes du terrorisme, ce sont d’abord les musulmans qu’on amalgame avec les fanatiques islamistes.

Ce samedi, le quartier Barbès à Paris était, pour ainsi dire, désert. D’habitude si vivant, le quartier avait des airs d’absence. Les visages étaient comme paumés, comme si chacun craignait d’être frappé à son tour. A la Gare du Nord, les visages étaient inexpressifs. On ne se bousculait pas pour monter dans le métro ligne 4, en direction de la Porte de Clignancourt. Sur les Quais 41-43 et 42-44, les regards semblaient s’éviter, comme si le diable était partout. Du côté de Saint Lazare, trouver plus de cinq personnes dans la rue, relavait du miracle. La Tour Effel, elle, ressemblait à une belle dame délaissée, comme manquant de magie.
C’est que le moment est grave et qu’il ne prête pas aux commentaires futiles, fussent-ils déversés sur les Réseaux sociaux. « Le terrorisme n’a qu’un visage partout où il se manifeste, celui de la barbarie absolue. C’est le côté universellement tragique de l’existence humaine. Nul ne saurait s’en accommoder si ce n’est celui qui en lui a déjà tué l’humanité. Hélas, le tragique est tapi dans la civilisation. L’avance problématique de celle-ci est fonction du retard sur le temps de celle-là. Ne baissons donc pas les bras », a réagi le philosophe congolais Charles Zacharie Bowao.

Tout homme digne de ce nom doit être concerné par ce carnage dont la ville-lumière a été victime. C’est l’homme épris de valeurs universelles qui a été atteint par cette barbarie. La France a une vocation universaliste, celle de protéger et d’approfondir les valeurs de démocratie, de respect de la vie humaine, partout où ces valeurs sont menacées. Elle ne doit pas renoncer à sa mission, en dépit des embûches. On reconnait un grand pays à sa capacité à résister à la tentation du repli sur soi, et non à sa facilité de verser des larmes face au drame.
La barbarie de la nuit de vendredi 13 novembre 2015 a frappé la France, mais elle ne l’a nullement anéantie. La France vaincra.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 16:50

Comment faire prendre conscience à l'opposition de leur mauvaise stratégie?

http://www.congopage.com/Congo-B-A-quoi-joue-Okombi-Salissa

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 10:58

Le livre-entretien de Jean Claude Ganga sur les Jeux africains, mais aussi son enfance et ses combats...

http://www.mikiliweb.com/livre-il-etait-une-fois-les-jeux-africains-de-jean-claude-ganga

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