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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 04:07

http://www.entrecongolais.com/bina-na-nga-na-respect-de-delienst-%C5%93uvre-structure-philosophie

Bina na ngai na respect de Dalienst Ntesa : une œuvre, une structure, une philosophie

Dalienst Ntesa, de son vrai nom Daniel Ntesa Nzitani, aurait eu 70 ans cette année, année du vingtième anniversaire de sa mort. L’auteur-compositeur à la voix puissante et limpide nous a légués, entre autres, Muzi, mais surtout… Bina na ngai na respect, une merveille.

35 ans et pas une seule ride ! Oui, la chanson de Dallienst Ntesa est intemporelle. De cette belle rumba, on dit qu’il s’agit d’un livre dont les chapitres s’ouvrent avec des points d’exclamation et finissent avec les points de suspension, indicateurs d’une lecture infinie. La topique de son couplet se décline au présent de la passion, parfois au futur immédiat, et toujours au futur utopique.

Dès le titre, le ton est donné. Il s'agit du respect, valeur universelle. L'histoire : une femme mariée, bien vêtue, débarque dans un bar, seule. Aussitôt un homme l'aborde, l'invite à danser. Elle ne refuse pas : car elle adore la musique et la rumba de l'OK Jazz. Mais, bientôt, l'homme se révèle impétueux, fougueux.

Bina Na Ngai na respect constitue une aventure au coeur du machisme, du sexisme congolais. Dalienst Ntesa imagine la torture morale, flirte parfois avec le voyeurisme mais sans se compromettre. Toute la quête de l'artiste est là, au risque de choquer : extirper la fiction du réel, quitte à le presser, le tordre, brouiller les codes de l'art. Non, Dalienst Ntesa n'a pas écrit l'enquête d'un journaliste qui cherche à trouver le suc de son temps dans un fait divers. Il n'est pas juge, mais un compositeur dans le sens le plus absolu, qui n'est pas celui de raconteur d'histoires.

Et, si l'on veut analyser de façon laconique la psychologie de la narratrice, sans détour c’est une femme fière, orgueilleuse ; bref c'est une femme de caractère. Très indépendante, pour ne pas dire libre. Tout au long de l'intrigue, elle va montrer qu'elle ne cède pas aux sirènes, aussi langoureux soient-ils, de cet homme qui la convoite.

Une structure

Oui, Bina na Ngai na respect est un beau roman africain. D'ordinaire, dans une chanson de Rumba congolaise, le sujet se dévoile petit à petit. Le refrain sert non pas de conclusion ou de porte ouverte à la réflexion, mais de développement du sujet. Or dans l'oeuvre de Dalienst Ntesa, on entre vite dans le vif du sujet. La structure s’apparente ici à une pyramide renversée, comme dans le journalisme. Toutefois, l'on peut regretter, dans la structure et la construction de Bina na ngai na respect, que l’on apprenne dès le début que cette femme est mariée. On aurai souhaité que Dalienst Ntesa laissât perdurer le suspense, comme dans un film, un roman. Et, nous autres mélomanes de la Rumba congolaise, la vraie, nous nous serions alors posé la question de savoir si cette femme n’était pas allée dans ce bar, justement dans l’espoir de rencontrer un homme. Dalienst a procédé autrement. Qu’à cela ne tienne ! Bina na ngai na respect brille par une maîtrise parfaite de la construction. Dalienst Ntesa a fait du Stendhal : dans Le rouge et le noir ou La Chartreuse de Parme, en effet, les phrases ne sont pas parallèles mais perpendiculaires.

Une philosophie

Mais, au-delà du thème, de la structure et de la construction, il y a une philosophie ou une question morale. Dalienst Ntesa questionne l'inconscient collectif congolais, voire africain, dans cette chanson. Un homme impétueux, impénitent, qui harcèle une femme rencontrée dans un bar, est-ce là une marque de respect? Ici, Dalienst Ntesa contredit le sociologue allemand Max Weber, lequel récusait l'universalité des valeurs. Pour ce dernier, il faut plutôt parler d'un "polythéisme des valeurs". Or le respect, jusqu'à preuve du contraire, demeure une valeur universelle. Même les sociétés traditionnelles africaines, fondées sur le règne du masculin, ne transige pas sur la valeur du "respect".

La deuxième leçon que l'on retient de cette chanson, c'est que cette femme ne s’est pas inscrite à l’école de l’amour-propre – « le dédoublement réflexif par quoi je me préoccupe de l’opinion que les autres ont de moi… » Elle n'a que faire des opinions que l'on se fait d'elle, autrement elle ne serait pas allée dans ce bar, seule. Comme elle est fière, elle a pris soin de sortir avec des billets de banque. Elle payera sa consommation, offrira peut-être à boire à un homme.

La chanson aborde par ricochet la philosophie du plaisir. Citons Amélie Nothomb dans Cosmétique de l'ennemi :

« - Et ce qu’en pense la victime, vous en tenez compte?

- Max Stirner, L’unique et sa propriété , ça vous dit quelque chose?

- Non.

- Ça ne m’étonne pas. C’est le théoricien de l’égoïsme. L’autre n’existe que pour mon plaisir (citation de Max Stirner).

- Magnifique. Les gens qui pensent ça, il faut les enfermer.

- “La vraie morale se moque de la morale.” Ça, c’est de Pascal. Vive le jansénisme!

Cet homme recherche-t-il le plaisir de l'autre ? Car si je recherche le plaisir de l’autre, je ne suis pas présent à mon plaisir. (…) Si j’agis pour le plaisir de l’autre, je me trompe, car je ne peux rien faire à la place de l’autre. »

La femme de Bina na ngai na respect est-elle épicurienne? Nul ne le sait. Dans tous les cas, pour Épicure, le plaisir est "le commencement et la fin de la vie heureuse". Quand il écrit dans Doctrines et Maximes que "le plaisir est notre but ultime", il n'entend pas par là les plaisirs des débauchés ni ceux qui se rattachent à la jouissance matérielle. Non. Pour la sagesse hédoniste, le plaisir, c'est de prendre l'habitude de vivre d'une manière simple et peu coûteuse. Non par refus systématique des plaisirs raffinés et rares qui peuvent nous échoir, mais pour n’être pas l'esclave de l'événement qui nous les procure. » Cette femme, en allant seule dans ce bar, recherchait-elle le plaisir ? Si oui, elle est l'esclave de l'événement qui lui aurait distillé le plaisir recherché : pour elle le plaisir passait forcément par ce bar bondé d'hommes impétueux. Cette femme n'est donc malheureuse que d'elle-même, de son propre jugement. Il n'y a pas à accabler l'événement à l'origine de ce désagrément; pas plus qu'à se demander par quel concours de circonstances ou par quelle fougue d'un homme, une femme est malheureuse. Non. Toute la question, dirait Épictète, est de savoir s'il était bon ou mauvais d'aller seule dans ce bar.

Bedel Baouna

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 04:06

Livre : "Makandal dans mon sang", un fabuleux livre de nouvelles à découvrir !

Comment une "tête pensante" africaine, qui a excellé dans les organismes internationaux, en vient à sa retraite à "revisiter" sa riche culture pour faire oeuvre de création littéraire ? Mystère! Mais le défi est relevé ! Comme quoi le formatage des grandes écoles peut laisser intacte une belle sensibilité et une approche humaine des réalités.

"Makandal dans mon sang" est un très beau recueil de nouvelles qui se lisent et se relisent avec délectation ; elles sont également riches de réflexions sur le monde tel qu'il va et sur les souffrances des populations.

Alfoncine Nyélénga Bouya a un énorme talent et il est sûr que d'autres ouvrages suivront ! Une de ces nouvelles dépeint de façon très "excitante" une description de ce que l'on pourrait appeler l'érotisme ésotérique ; dans "Danse avec le tambour", l'auteure vous propulse vers le féminin sacré dans sa rencontre avec le sacré dans l'homme : c'est extraordinairement envoûtant !

En se réappropriant la figure de Makandal, ce héros haïtien de la lutte contre le colonialisme, Alfoncine Nyélénga Bouya montre des situations parfois banales où les souffrances de l'esclavagisme et du colonialisme sont encore bien vivantes. Pour les générations africaines en route vers leur émancipation et leur affirmation, les obstacles sont encore nombreux à franchir pour espérer que la misère et la pauvreté pourront faire place à une vie digne et respectueuse du droit au travail et à la solidarité.

Source : ID

Prix du livre : 15 € En vente chez Amazon, FNAC, etc.

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 20:13

Les 13, 14 et 15 août derniers, Sassou et ses supporters se sont déplacés à Madingou dans la Bouénza, où ils ont fêté les 56 ans d’accès à l’indépendance du Congo. Du moins de son incurie congénitale. Fête réussie, mi-figue mi-raisin, échec total ? Chacun ira de ses impressions. Pour notre part, une question nous préoccupe : depuis 1960, le Congo a-t-il pondu ne serait-ce qu’un seul grand-homme ? Convoquons Hegel dont on sait que le thème du grand homme a été au coeur de sa philosophie de l’histoire, surtout le rapport du grand homme entre liberté et finitude. Quel est son rôle et quel rapport entretient-il avec son peuple ? Pour le philosophe allemand, le grand homme est celui qui inaugure une nouvelle période de l’histoire, en fondant l’État ; il est l’homme du tournant ; il est essentiellement novateur. Un homme qui, par extension, naît des circonstances exceptionnelles.

Les hommes politiques congolais ont-ils été novateurs, des hommes du tournant ? Ont-ils crée l’Etat ? A ces questions, il est sinon impossible, du moins difficile, de citer un nom ou des noms pour la postérité. Non, ne nous emmerdons pas avec des paraphrases ou autres figures de réthorique. Hormis le domaine littéraire, domaine dans lequel le Congo a connu deux grands hommes, en l’occurrence Tchicaya U’Tamsi et Soni Labou Tansi, notre pays ne connaît pas d’autres noms susceptibles d’être « panthéonisés », et pour cause, 56 ans après l'accès à la prétendue Indépendance, l’Etat congolais est une faillite pathétique ; c’est un Etat privatisé et aux mains d’un clan qui ignore même la définition d’un Etat. L’école, la santé, la sécurité, sont autant d’exemples qui montrent de l’action politique et de son sens au Congo.

Alors pourquoi fêter l’indépendance du Congo ? A y regarder de plus près, Denis Sassou Nguesso (puisque son règne aura été le plus long) fête plus ses magouilles qu’autre chose. C’est l’occasion pour lui, en narcissique pathologique qu’il est, d’afficher ses muscles – il fallait voir les militaires qui l’encerclaient - ; l’occasion pour lui de compter les chefs d’Etat qu’il vassalise.

Pendant ce temps, en face il n’y a personne pour le bousculer. Mais c’est parce qu’il se sera aussi donné les moyens de neutraliser tous ceux qui pouvaient lui faire de l’ombre dans son règne. Sous Sassou, il n’existe pas d’homme d’Etat mais d’hommes de l’Etat de Sassou.

Jean-Marie Michel Mokoko seul apparaît aujourd’hui comme celui qui a osé répondre à sa conscience et à son destin d’homme d’Etat. Nul doute que s’il avait été soutenu, il aurait changé le cours de l’histoire au Congo : oui, il aurait été l’homme du tournant, un homme novateur.

Bonne semaine à tous !

Par Gwladys Mindouli GMI

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 20:11
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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 20:11
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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 20:38

Livre : Dans son dernier roman, Dieudonné Zélé décrit Brazzaville comme un paradoxe de fureur de vivre et de mourir

Eglises de réveil, bars ouverts jusqu’à l’aube, veillées mortuaires, etc. Est-il encore possible de vivre dans Brazzaville et d'aspirer au calme que requiert la verticalité, la vraie? L’Appel de la Motaba (Editions France-Libris), le dernier roman de Dieudonné Zélé aborde le sujet avec une gravité et une rigueur littéraires qui caractérisent l'auteur.

Style allègre, tempo vif, l’Appel de la Motaba est une douce pluie de propositions indépendantes et /ou de subordonnées courtes, d’inversions et d’exclamations. Une friandise de catachrèses. Le roman s’ouvre sur un locus ameonus avant de basculer dans un locus terribilis. S’ensuit une longue analepse sur le Brazzaville d’autrefois. « La tête du jeune homme risquait d’exploser sous la cohorte impétueuse des images et impressions du passé. Ngondzo, l’enfant prodige, n’était plus qu’un pantin plongé dans une lessiveuse de sentiments contradictoires. C’était un immense paradoxe comme l’était la ville que le jeune homme était en train de redécouvrir… » Oui, la ville d'autrefois est devenue noire, un lieu hostile. L’histoire : Ngondzo naît et grandit à Dongou dans la Likouala. Après ses études primaires, il s’installe avec ses parents à Brazzaville, à Poto-Poto. Son nouvel environnement lui plaît bien. Puis il s’envole pour l’Europe. Dix ans après, il revient au pays, et patatras, Brazzaville a perdu de sa beauté, de son calme. Brazzaville n’est plus que champs de ruines par ses constructions anarchiques et la profusion des églises de réveil, bars et autres faiseurs de bruits. Dans ce vacarme permanent, Ngondzo ne se retrouve plus ; il est étranger chez lui. « Oui, Brazzaville la capitale de son pays était, pour lui, un gigantesque paradoxe de bruits, de fureur de vivre et de mourir, par la même occasion, de chants, de cris de joie et de cris de douleurs mêlés, de rires et de pleurs, de poussière, de saletés, de richesse et de pauvreté en même. »

Le texte prend parfois l'allure d'un Essai sociologique. L'auteur s'y incruste et donne son point de vue. Mais le narrateur est à l’image de l’auteur et inversement : entre le narrateur et l'auteur, la barrière n'est pas très définie. Dieudonné Zélé, en effet, quitte le Congo en 1966, pour n’y retourner qu’en 2013. Le Brazzaville de son enfance a disparu et a laissé place à un Brazzaville furieux, instinctif ; une ville qui alterne calme et troubles. Professeur agrégé de Lettres, Dieudonné Zélé est l’auteur de plusieurs ouvrages et donne des conférences à travers le monde.

Bedel Baouna

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 20:37
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 14:36

Congo-B : Parfait Kolelas, l’apprenti franc-maçon encore profane

Publié le Lundi 1 Août 2016

Dans sa conférence de presse du 29 juillet dernier, l’ancien candidat à l’élection présidentielle et président de la Codeha (Conférence des démocrates humanistes africains), Guy Brice Parfait Kolelas, a évoqué le silence, une notion immensément maçonnique. Décryptage. Une image constante : à chacune de ses apparitions, Guy Brice Parfait Kolélas draine les foules. Sa conférence de presse de jeudi dernier et sa présence à l’église Saint-Pierre Claver de Bacongo, dimanche, en témoignent. Dans cette effervescence, qu’a-t-il dit de nouveau et d’important à ses partisans? Elément de réponse : « Après le hold-up électoral du 4 avril dernier, nous avons choisi le silence comme posture politique, ce silence n’a jamais été un aveu de faiblesse ou de résignation… », a-t-il dit d’entrée de jeu. Non, monsieur Kolélas, le silence n’est pas un aveu de faiblesse. Et encore moins un bizutage. Bien au contraire, c’est l’autoroute de la transcendance. Le prélude à l’harmonie avec soi. Le silence est ce qui permet d’être réceptif aux autres, c’est-à-dire l’antichambre de l’action, par la totalité des mots. « Maintenant, nous voyons dans un miroir, obscurément : mais alors nous verrons face à face. Maintenant, je connais partiellement, mais alors je connaîtrai comme je suis connu. » (St. Paul-Corinthiens XIII. 12).

Lire aussi : Pour Parfait Kolelas, Sassou est un homme de qualité

Guy Brice Parfait Kolelas a-t-il été face à son miroir ? S’est-il observé, écouté dans le but d’être réceptif aux Congolais déboussolés et déroutés ? Pas si sûr ! Et pour cause : en décortiquant son message, l’on s’aperçoit vite que le silence dont parle Guy Brice Parfait Kolelas n’est pas vraiment silence mais mutisme. Un mutisme qui est fermeture et barrière à la révélation, à l’analyse politique. La dépréciation, pour tout dire. Le silence dénonce, le silence combat, le silence résout. Le mutisme, lui, est complice. N’est-ce-pas une contradiction doublée d’une arnaque politique que de parler d’un hold-up électoral, tout en ne le dénonçant pas avec des mots appropriés ? Avec Parfait Kolelas, on plonge dans La Case de l’Oncle Tom, le comble et le parangon de la résignation, quoi qu’il en pense. La suite de sa conférence de presse n’est que diversion et passe-temps. «… voir comment allait tourner le vent », s’est-il permis d’ajouter.

Une parole égarée

Oh opportunisme ! Un homme qui, à la moindre tempête, disparaît. Et attend que le vent tourne en sa faveur pour réapparaître. En matière d’amateurisme politique et communicationnel, on ne peut faire mieux. C'est quand le vent est violent que l'homme politique doit être à la barre pour changer le Cap et montrer le chemin. Dans un pays où les gens vivent sur le parvis du désespoir, où il devient de plus en plus difficile, pour ne pas dire impossible, de se « frayer un chemin entre le désespoir des uns et le cynisme des autres » ; dans un pays où l’homme politique n’apparaît plus comme un GPS ou une boussole mais un aventurier des mers, toute prise de parole devrait être un acte de réconfort, de conquête et d'amour. Guy Brice Parfait Kolelas n’a sans doute pas voulu rester à l’écart de la médiation qui se profile à l’horizon. Ses prises de paroles de ces derniers temps participent de l’opportunisme, sans plus. Pourquoi durant trois mois n’a-t-il pas demandé, à l’instar de Charles Zacharie Bowao, un dialogue inclusif sous l’égide de la Communauté internationale ? Il attend patiemment que les autres fassent démarrer le train de l’histoire pour qu’il le rattrape en cours de trajet. Conscient de ce que le vent pourrait tourner en faveur de l’opposition, dans les jours, les mois à venir, Parfait Kolelas multiplie les déclarations à l’emporte-pièce, comme pour masquer l’encéphalogramme plat dont il est victime. Et puis cette idée de demander une Grâce présidentielle à Denis Sassou Nguesso, pour Jean-Marie Michel Mokoko! Quelle mouche l’a piqué ! Si l’idée n’est pas mauvaise en soi, c’est la moralité de la personne à qui l’on demande cette Grâce qui pose problème. Parfait Kolelas ne peut pas dire qu’il y a eu hold-up électoral, donc vol, et en même temps demander à l’auteur du Hold-Up d’accorder une quelconque Grâce à un ancien adversaire (La Grâce n’est accordée qu’à une personne déjà condamnée et non à une personne détenue provisoirement). C’est du grand n’importe quoi. Le signe d’une improvisation chronique. « Il se moque vraiment des gens, ce monsieur Kolelas », tempête un homme politique de l’opposition, avant d’ajouter : « Mokoko lui-même préférerait mourir plutôt que de demander une Grâce à Sassou. De quoi Kolelas se mêle-t-il? Il a reconnu les résultats de la Cour constitutionnelle, il s’est tu, il doit donc continuer de se taire. Sa parole ne porte pas, elle est égarée. » Guy Brice Parfait Kolelas a un problème majeur : le manque de caractère. Du coup, rien de grave ni de pertinent ne jaillit de sa personne. Chaque fois qu’il prend la parole, c’est pour profaner le silence, ce beau temple. Bedel Baouna

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 14:35

http://www.entrecongolais.com/lopposition-serait-infiltre-selon-guy-kinfoussia

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 14:33

~~Congo-B : Que sont devenus les Tchibambelela, Okiemi, Ossebi et autres évincés du gouvernement ?

Par Bedel Baouna

Publié le Vendredi 29 Juillet 2016

Congo-B : Que sont devenus les Tchibambelela, Okiemi, Ossebi et autres évincés du gouvernement ? Par Bedel Baouna Trois mois après leur éviction du gouvernement de la Nouvelle République, les anciens ministres ont disparu des radars. Décryptage. De tous les ministres éjectés du gouvernement de la Nouvelle République, seul Rodolphe Adada fait encore parler de lui. Et pour cause : il a été nommé ambassadeur du Congo en France. Mais il pourrait vite, lui aussi, retourner dans l’anonymat : son prédécesseur à Paris, Henri Lopès ne lui cédant pas la place – Papy fait de la résistance. Cela dit, au Congo, tous les hommes politiques ou presque se déterminent par rapport à Denis Sassou-Nguesso. Aussi est-il récurrent de voir un ministre, éjecté du gouvernement, aussitôt basculer dans l’opposition. Les Mathias Dzon et autres Okombi Salissa sont des exemples probants de ces supporters de Sassou qui, en un rien de temps, deviennent des opposants. Une fois libre, ils créent des partis, courent les médias et retrouvent une clairvoyance à postériori. Mais, ces temps-ci, cette tradition semble ne pas être bousculée. Les virés du gouvernement, en effet, bizarrement ne se pressent pas de passer d’une sottise à une autre. Ils semblent prendre le temps de la réflexion, du deuil ou espèrent peut-être être récupérés à bord du Titanic gouvernemental : au Congo, le voyage du Titanic est tellement long qu’ils constituent des remplaçants de valeur. Les jours qui ont suivi sa sortie du gouvernement, Tchibambelela était inconsolable, tel un enfant à qui sa mère a refusé le poto-poto, cette bonne bouillie à base de maïs. Rarement il décrochait son portable : les coups de fil l’énervaient. Seul l’intéressait le coup de fil venu de Mpila. Eh bien, tout ça c’est fini. Enfin, presque. L’homme de Mbanza Ndounga se remet petit à petit de sa désillusion et décroche instantanément son téléphone à la moindre sonnerie. Il faut dire que durant la campagne présidentielle, Sassou lui avait donné beaucoup d’argent pour acheter les votes dans le Pool. Bernard accepta. Dans les villages du Pool, il donnait à chaque villageois 800 FCFA en même temps qu’il les menaçait : « Si vous ne votez pas pour Sassou, vous retournerez dans la forêt », martelait-il. On connaît la suite. Sassou a été laminé dans le Pool. Résultat des courses : viré du gouvernement. Et comme il ne représente que lui-même, ne pèse pas lourd dans l’échiquier politique national, il ne basculera pas dans l’opposition. Il profitera de sa nouvelle maison à étages, construite durant son passage au gouvernement. Lire aussi : Les désillusionnés de la Nouvelle République Le sectaire Bienvenu Okiemi, lui, non plus ne représente rien, c’est le degré zéro de la politiue, c’est bien connu. Il n’ira pas rejoindre la pelletée d’opposants issus du système mafieux de Sassou. Irascible, revêche, il lit tout ce qui s’écrit sur lui et porte plainte à la moindre phrase sur Facebook. En juriste, il ignore que Facebook n’est pas un média mais un réseau social et que chacun y va de son style. Gagnera-t-il le procès qu’il essaye d’intenter contre la page Facebook de Brazzanews ? Henri Ossebi est dans une situation délicate. C’était déjà un opposant avant d’intégrer le gouvernement. Son neveu, Edgard Nguesso, qui avait tout fait pour le nommer ministre, ne tolérera plus qu’il redevienne opposant : ce serait une contradiction de trop. Alors il se tait. Pas question, du moins pour le moment, de redevenir virulent envers Sassou. Madame Emilienne Raoul bénéficie de circonstances atténuantes : elle n’a jamais été une femme politique, du moins elle ne le prétend pas. Alors elle peut rester tranquille ; elle n’a rien à faire dans l’opposition. Reste le cas Mvouba ! Que prévoit-il ? On sait qu’il a presque pleuré au moment de quitter le gouvernement. Mais à qui la faute ? Il a été le premier des ministres, c’est-à-dire le coordonateur du gouvernement, il a été inexistant. Il a été Secrétaire Général du PCT (Parti congolais du travail), il a assommé le parti d’Ange Diawara et d’Ambroise Noumazalaye. Durant la dernière campagne présidentielle, il a été le directeur de campagne de Sassou à Pointe-Noire, avec des milliards comme moyens de sudoyer les électeurs. Au final, Sassou a été battu à plate couture dans la ville océane : Collinet Makosso l’a reconnu dans les médias. Que va-t-il devenir ? Avec ses amis, ils pourraient créer une association des anciens ministres dépourvus de gravité de Sassou. Affaire à suivre.

Bedel Baouna

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