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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 14:33

~~Congo-B : Que sont devenus les Tchibambelela, Okiemi, Ossebi et autres évincés du gouvernement ?

Par Bedel Baouna

Publié le Vendredi 29 Juillet 2016

Congo-B : Que sont devenus les Tchibambelela, Okiemi, Ossebi et autres évincés du gouvernement ? Par Bedel Baouna Trois mois après leur éviction du gouvernement de la Nouvelle République, les anciens ministres ont disparu des radars. Décryptage. De tous les ministres éjectés du gouvernement de la Nouvelle République, seul Rodolphe Adada fait encore parler de lui. Et pour cause : il a été nommé ambassadeur du Congo en France. Mais il pourrait vite, lui aussi, retourner dans l’anonymat : son prédécesseur à Paris, Henri Lopès ne lui cédant pas la place – Papy fait de la résistance. Cela dit, au Congo, tous les hommes politiques ou presque se déterminent par rapport à Denis Sassou-Nguesso. Aussi est-il récurrent de voir un ministre, éjecté du gouvernement, aussitôt basculer dans l’opposition. Les Mathias Dzon et autres Okombi Salissa sont des exemples probants de ces supporters de Sassou qui, en un rien de temps, deviennent des opposants. Une fois libre, ils créent des partis, courent les médias et retrouvent une clairvoyance à postériori. Mais, ces temps-ci, cette tradition semble ne pas être bousculée. Les virés du gouvernement, en effet, bizarrement ne se pressent pas de passer d’une sottise à une autre. Ils semblent prendre le temps de la réflexion, du deuil ou espèrent peut-être être récupérés à bord du Titanic gouvernemental : au Congo, le voyage du Titanic est tellement long qu’ils constituent des remplaçants de valeur. Les jours qui ont suivi sa sortie du gouvernement, Tchibambelela était inconsolable, tel un enfant à qui sa mère a refusé le poto-poto, cette bonne bouillie à base de maïs. Rarement il décrochait son portable : les coups de fil l’énervaient. Seul l’intéressait le coup de fil venu de Mpila. Eh bien, tout ça c’est fini. Enfin, presque. L’homme de Mbanza Ndounga se remet petit à petit de sa désillusion et décroche instantanément son téléphone à la moindre sonnerie. Il faut dire que durant la campagne présidentielle, Sassou lui avait donné beaucoup d’argent pour acheter les votes dans le Pool. Bernard accepta. Dans les villages du Pool, il donnait à chaque villageois 800 FCFA en même temps qu’il les menaçait : « Si vous ne votez pas pour Sassou, vous retournerez dans la forêt », martelait-il. On connaît la suite. Sassou a été laminé dans le Pool. Résultat des courses : viré du gouvernement. Et comme il ne représente que lui-même, ne pèse pas lourd dans l’échiquier politique national, il ne basculera pas dans l’opposition. Il profitera de sa nouvelle maison à étages, construite durant son passage au gouvernement. Lire aussi : Les désillusionnés de la Nouvelle République Le sectaire Bienvenu Okiemi, lui, non plus ne représente rien, c’est le degré zéro de la politiue, c’est bien connu. Il n’ira pas rejoindre la pelletée d’opposants issus du système mafieux de Sassou. Irascible, revêche, il lit tout ce qui s’écrit sur lui et porte plainte à la moindre phrase sur Facebook. En juriste, il ignore que Facebook n’est pas un média mais un réseau social et que chacun y va de son style. Gagnera-t-il le procès qu’il essaye d’intenter contre la page Facebook de Brazzanews ? Henri Ossebi est dans une situation délicate. C’était déjà un opposant avant d’intégrer le gouvernement. Son neveu, Edgard Nguesso, qui avait tout fait pour le nommer ministre, ne tolérera plus qu’il redevienne opposant : ce serait une contradiction de trop. Alors il se tait. Pas question, du moins pour le moment, de redevenir virulent envers Sassou. Madame Emilienne Raoul bénéficie de circonstances atténuantes : elle n’a jamais été une femme politique, du moins elle ne le prétend pas. Alors elle peut rester tranquille ; elle n’a rien à faire dans l’opposition. Reste le cas Mvouba ! Que prévoit-il ? On sait qu’il a presque pleuré au moment de quitter le gouvernement. Mais à qui la faute ? Il a été le premier des ministres, c’est-à-dire le coordonateur du gouvernement, il a été inexistant. Il a été Secrétaire Général du PCT (Parti congolais du travail), il a assommé le parti d’Ange Diawara et d’Ambroise Noumazalaye. Durant la dernière campagne présidentielle, il a été le directeur de campagne de Sassou à Pointe-Noire, avec des milliards comme moyens de sudoyer les électeurs. Au final, Sassou a été battu à plate couture dans la ville océane : Collinet Makosso l’a reconnu dans les médias. Que va-t-il devenir ? Avec ses amis, ils pourraient créer une association des anciens ministres dépourvus de gravité de Sassou. Affaire à suivre.

Bedel Baouna

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