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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 01:43

http://www.entrecongolais.com/ndalla-graille-parle-de-ba-dia-nseke-de-celestin-nkouka

Culture-Disparition : Ndalla Graille parle de la chanson "Bâ dia Nséké" de Célestin Nkouka

Co-fondateur des orchestres Bantous de la Capitale et Le peuple, Célestin Nkouka est mort à Brazzaville, à l’âge de 81 ans, des suites d’une longue maladie.

La mort ne regarde pas le certificat de baptême. Après Jean-Serge Essous, Nino Malpaet, c’est au tour d’un autre monument, Nkouka Célestin, d’être broyé par la faucheuse. L’homme souffrait depuis des années, jusqu’à ce samedi où la nouvelle est tombée. « C’est une grande voix de la musique congolaise qui nous quitte. Celio chantait la vie, l’amour mais aussi le courage. Il aura donc vécu courageusement », réagit Eric Pantou, avocat au Barreau de Paris et admirateur de l’illustre disparu. Oui, du courage, il en fallait à Célestin Nkouka : ces dernières années, il les a vécues courageusement. « Récemment, je lui ai rendu visite, en compagnie d’Isidore Mvouba, et je puis dire que j’avais mal de son mal. Le Bâ dia Nséké était vraiment prêt de tomber », avance Ndalla Graille, en sanglots. Et, un brin philosophe, d’évoquer la chanson Bâ Dia Nséké : « C’est sans doute La chanson de sa longue carrière ; une chanson empreinte de symbolisme, et d’ailleurs quand j’ai écrit le poème Un village qui jamais ne meurt, j’écoutais et réécoutais cette douce mélopée. » (Soit dit en passant, le poème dont il parle et qui a failli lui valoir une condamnation à mort, est une traduction d’un poème vietnamien paru en anglais, The village that would not dies ou A village which never dies). Bâ dia Nséké et Un village qui jamais ne meurt retranscrivent, pour ainsi dire, le même message : le perpétuel recommencement. Le courage, donc. Le courage de tout reprendre à zéro, sans jamais se décourager. Une chanson métaphorique « Je dis de Bâ dia Nséké qu’elle est ma propre représentation tout comme celle de Ya Nkouka. Même dos au mur, je demeure présent... Je ne m’abats jamais, je crois en l’avenir », clame le patriarche. Jamais il n’oubliera l’auteur, entre autres, de Rosalie Diop, Comité ya Bantou.

Une carrière mémorable

Comme l’écrit Clément Ossinondé, Célestin Nkouka a eu une carrière mémorable. Commencée en 1952 dans l’orchestre du Cercle culturel de Bacongo, cumulativement avec sa fonction de secrétaire au Consulat britannique de Brazzaville, Célestin Nkouka rejoint en 1953 le groupe Les compagnons de joie (CDJ) de Marie-Isidore Diaboua, suivi de la création en 1954 de l’orchestre Negro Jazz. En décembre 1956, Célestin Kouka intègre l’Ok Jazz, en même temps qu’Edo Ganga et Nino Malapet, à la suite du départ d’Essous, Pandi et Lando Rossignol aux éditions Esengo.

Le 15 Août 1959, Célestin Kouka participe à la création de l’orchestre Les Bantous de la Capitale, Chez Faignond à Brazzaville. En 1972, les Bantous se disloquent. Célestin Nkouka crée avec Pamelo et Kosmos Mountouari le Trio Cepakos, puis l'orchestre Le Peuple. Les défections de Pamelo en 1978 et de Kosmos en 1984 mettent un terme à cette belle expérience musicale. Son retour, en 1987, dans les Bantous de la capitale, n'est pas concluant. Il claque la porte et crée en 1990 les Bantous Monument en compagnie de Ganga Edo et Passi Mermans. Une expérience qui ne fera pas long feu. Puis encore, l’orchestre Le peuple en 2000, mais sans succès. En 2004, Célestin Kouka est de retour dans les Bantous. Retour historique, car il sera suivi de deux séjours triomphaux des Bantous en Europe, dont le passage à L'Olympia de Paris.

Mort à l'âge de 81 ans, Célestin Kouka est né le 5 février 1935 à Brazzaville, fils de Bitambiki Benoît et de Talantsi Madeleine. Célestin n’apparaissait plus sur scène depuis 2011. Sa vue avait sérieusement baissé.
Compositeur de grand talent, il laisse à la postérité des compositions légendaires, telles "Mawa ya Hotelet", "Georgina wa bolingo" (OK Jazz), "Comité Bantou", "Rosalie Diop" (Bantous), "Kouka ba dia ntseke", "Caprices", "L'heure de la vérité" (Trio Cepakos) etc.
Salut l’artiste !

Bedel Baouna avec Clément Ossinondé

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Published by Bedel Baouna
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