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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 15:18

http://www.entrecongolais.com/pierre-ngolo-et-ses-camarades-du-pct-des-ambitieux-de-la-d%C3%A9mocratie

Congo-PCT : Pierre Ngolo et ses camarades-membres, des « ambitieux de la démocratie »

Méconnaissable depuis le lancement de la campagne référendaire sur le changement de la Constitution jusqu'à la crise postélectorale, le Parti congolais du travail (PCT) a complètement disparu des radars et n'existe plus que dans la tête de ses membres-thuriféraires. Analyse.

Le naufrage. L'extinction. Ange Diawara et Ambroise Noumazalaye doivent se retourner dans leur tombe. Le parti qu'ils ont fondé en 1969, dans la perspective de légitimer davantage le coup d’État de Marien Ngouabi, n'est plus que l'ombre de lui-même, est à quelques mètres du cimetière des illusions perdues. Lisibilité et visibilité inexistantes, crise identitaire, manque de perspectives d'avenir, règne du clientélisme et du tribalisme, dirigeants cupides et opportunistes, le PCT est à l'image de ses voisins, le syndicat des animistes qu'est le MCDDI et cette école maternelle de la haine que constitue l'UPADS (Ces trois principaux partis, qui ont longtemps constitué le triangle des Bermudes du Congo, ont été avalés par le même triangle du suicide collectif qu'ils ont eux-mêmes formé). La guerre sans merci que se livrent Gabriel Dion, l’actuel président de la fédération Ile-de-France, et son prédécesseur Isaac Djoumali, est l’illustration parfaite de cette effervescence du vide, érigée en dogme, qu’est le PCT.

De toute évidence, Pierre Ngolo et ses camarades-membres sont des « ambitieux de la démocratie », au sens de Tocqueville : « Je pense que les ambitieux des démocraties se préoccupent moins que tous les autres des intérêts et des jugements de l’avenir : le moment actuel les occupe seul et les absorbe. Ils achèvent rapidement beaucoup d’entreprises, plutôt qu’ils n’élèvent quelques monuments durables ; ils aiment le succès bien plus que la gloire. (…) J’avoue que je redoute bien moins, dans les sociétés démocratiques, l’audace que la médiocrité des désirs. » Entendez par là que Pierre Ngolo et ses camarades-membres n’ont pas pour ambition de servir la démocratie mais c’est à la démocratie de servir leurs ambitions. Quitte à être humiliés !

L’autre raison de la mort du PCT, c’est la présence à sa tête, depuis quelques années, de faire-valoir. Pierre Ngolo, l'actuel Secrétaire général du parti, ne pipe mot face au clan des Sassou et des Nguesso, cette machine infernale qui écrabouille tout sur son passage. On sait pertinemment qu’exister face à Claudia Lemboumba, une femme mal élevée, relève du miracle : elle contrôle tout, insulte ministres et cadres du parti. Mais Pierre Ngolo s’est complu dans cette ornière, sans émettre la moindre dissonance. Du coup, il prend au quotidien des râteaux et des vents. Première gamelle : le candidat Sassou, durant la campagne présidentielle, a carrément ignoré le PCT. Deuxième gamelle : le PCT n'a pas eu un seul mot sur la formation du gouvernement. Jean-Pierre Manoukou, cadre du PCT qui mourrait d'envie de faire partie des futurs naufragés du Titanic de Clément Mouamba, a remué ciel et terre pour y parvenir, mais c'était sans compter sur la femme intrigante Arlette Nonault Soudan, « une femme qui refuse sa condition de femme vouée par état au silence et à l'inaction », une marquise de Merteuil à la congolaise. C'est elle qui a milité intrépidement contre l'entrée au gouvernement de J-P Manoukou.

Quelques ressources morales et l’image des raidis

Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé. Oui, Pierre Ngolo a tout tenté. Et, même, pour paraphraser un pamphlétaire français très polémiste, de déconstruire les dé-constructeurs. Année après année, magouille après magouille, forfaiture après forfaiture, loi après loi, élection après élection, unes des médias après unes des médias, voyage après voyage, chanson après chanson… Rien n'y fait. La résurrection du PCT n'est pas pour demain. Or l'homme dispose de ressources pour réussir : une arrogance et une suffisance pathologiques, une passion avérée des effets de manche, des verbes creux et ronflants, un amour immodéré pour les phraséologies stéréotypées, une propension au hors-sujet... Hélas ! Cela ne lui a pas suffi pour maintenir le navire PCT à flot. C'est que si l'on y regarde de plus près, Pierre Ngolo ne sert à rien. Lent sinon incapable de se catapulter à la crête de l'analyse politique, Pierre Ngolo fait partie de ces hommes qui ne laissent pas de traces dans les annales politiques ou intellectuelles d'un pays ; il est à l'image de Matson-Mampouya et Tsaty Mabiala - deux autres tocards de la politique au Congo. Sans Sassou, ils n'existent pas. Irrésistiblement le PCT s'est tourné vers deux maux de notre époque : "ne savoir opposer à l’universalité, abstraite et abjecte, du marché mondial capitaliste et de ses magouilles financières, que le culte, mortifère dès qu’il prétend avoir une valeur politique quelconque, des identités tribales, voire « ethniques », ce qui est pire". En même temps le parti dont Ndalla Graille a été le premier Secrétaire général à la demande de Diawara, s'est apparenté, ni plus ni moins, à des radis : rouges à l'extérieur, blancs à l'intérieur. La course effrénée vers les voitures de luxe ont eu raison de la mission du plus vieux parti du Congo.

Mais une autre cause majeure a accéléré la mort du PCT : le manque d’idéologie. Socialisme ou Social-démocratie? Des notions lointaines pour les camarades-membres et leur SG. Le socialisme à la congolaise se résume au tribalisme et à des poches pleines. On est loin de la volonté de Diawara et Noumazalaye. « Le PCT a torpillé son ambition originelle qui était celle de rassembler tous les Congolais autour d’un projet et d’une philosophie, impulsés par Marien Ngouabi, et c’était tout le travail abattu par Diawara et Noumazalaye », analyse un vieux cadre du parti. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, le parti ne sert plus un projet mais des intérêts personnels et Sassou n’a jamais eu l’intention de rassembler les Congolais mais de les balkaniser. Sassou a tué lui-même le PCT.»

Bedel Baouna

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Published by Bedel Baouna
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