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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 15:33

http://www.entrecongolais.com/soudan-sud-Congo-Burundi-reconnaissants-a-la-communaute-internationnale

Opinion : A la Communauté internationale, le Soudan du sud, le Congo et le Burundi reconnaissants

Au Soudan du sud, deux voyous ont pris le peuple en otage par leur animosité féroce et réciproque ; au Congo et au Burundi, en revanche, le chaos résulte d’une même cause : le troisième mandat. Mais les dirigeants de ces trois pays ne doivent leur survie qu’à la Communauté internationale. Explications de texte.

La géopolitique a une particularité bien claire, c’est de générer tantôt des réactions mitigées, tantôt des réactions bizarres. Pour ne s’attarder que sur trois pays dirigés par des hommes fichés au grand banditisme, le Soudan du sud, le Congo et le Burundi, la Communauté internationale n’a pas eu une seule initiative forte. Ici elle soutient, là elle dénonce.

Les Américains ont-ils bien fait de créer le Soudan du sud ? Jusqu’au 12 juillet dernier, à Juba, tous les seigneurs de la guerre étaient encore de sortie, après une accalmie d’une courte durée. Les affrontements entre les forces loyalistes au président Salva Kiir et les ex-rebelles du vice-président Riek Machar ont fait quelque 36 000 déplacés et 270 morts. Aussitôt le président Salva Kir s’est empressé de décréter un cessez-le feu unilatéral. « Je ne veux plus d'effusion de sang au Soudan du Sud », a-t-il déclaré. La crainte de le CPI ? Quoiqu’il en soit, la Communauté internationale laisse à désirer face au chaos soudanais. Elle se contente d’énoncés constatifs plutôt que performatifs. Le 27e sommet des chefs d’Etats de l’Union africaine (UA) à Kigali au Rwanda, a à peine ébauché la possibilité de déployer une force régionale de protection au Soudan du Sud et d’ouvrir une enquête sur les violences de ces derniers jours.

Cela suffira-t-il pour sauver le Soudan du sud ? Salva Kir et Riek Machar peuvent reprendre les hostilités, ils savent pertinemment que la CPI se trouve à des milliers de kilomètres et que personne n’ira les chercher à Juba. Sans doute est-ce aussi cela que se disent les présidents burundais et congolais à propos de la violence qu’ils génèrent.

« Le métier politique consiste à revendiquer le pouvoir »
Le Congo et le Burundi sont deux bourbiers profonds, même si la même cause n’a pas produit le même effet. Là où Denis Sassou Nguesso a tout verrouillé, emprisonné le Général Jean-Marie Michel Mokoko et privé les opposants de toute liberté de mouvement et de parole, Pierre Nkurunziza, lui, a du mal à contenir la vague d’attentats dont sont victimes ses partisans.

Dernièrement, Hafsa Mossi, ex-ministre chargée des Relations avec la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est, ancienne journaliste de la Radio nationale et correspondante de la BBC, puis députée de l’Assemblée de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est, a été tuée par deux individus non identifiés. Auparavant, plusieurs proches du pouvoir avaient été la cible des tueurs.

Et cela ne semble pas émouvoir la Communauté internationale ! Laquelle se contente de quelques déclarations à l’emporte-pièce. Un coup l’UA décide d’envoyer au Burundi une force de maintien de la paix ; un autre coup, c’est non, et puis le président Nkurunziza s’y oppose, et patati et patata... Un coup encore, c’est la Francophonie qui suspend le Burundi de son organisme. Pour quels résultats?

La même Francophonie a salué le troisième mandat de Denis Sassou Nguesso qui, désormais, va de victoire en victoire. Les atermoiements qui ont suivi une élection présidentielle contestée, de la part des institutions internationales ou des pays européens, ont cédé la place à une reconnaissance quasi-totale. De la France à la Chine en passant par la Turquie, l’Italie, tout le monde court voir Sassou, l’homme des victoires faciles. A Brazzaville, c’est là où il faut être ! Au risque de rater le train des cadeaux pétroliers.

Pour Pierre Nkurunziza et Denis Sassou Nguesso, le métier politique consiste à révendiquer le pouvoir, pour reprendre Michel Rocard, même s’ils ont perdu. Ils savent que la Communauté internationale, qu’ils manipulent à souhait, rentrera dans les rangs. Les critiques de tel ou tel président américain ou politique français de gauche, finissent toujours par s’éteindre.

Bedel Baouna

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Published by Bedel Baouna
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